Secousse sismique

Nous avions posé les bases de notre relation avec l’expression forte de notre désir d’avoir un (des ?) enfant(s) ensemble. C’était un projet que nous gardions dans un coin de nos têtes, mais nous avions d’abord l’envie de vivre notre couple et continuer à nous découvrir.

Comme dans d’innombrables histoires que tu as pu entendre raconter ou que tu as toi-même vécu, les choses ne se passent pas toujours comme prévu.

L’annonce

Je me souviens de ce moment de manière assez précise. J’ai parfois l’impression que c’était hier. Et puis, je tourne la tête et croise le regard de Soën qui me rappelle que c’était il y a plus d’un an désormais.

Pour recontextualiser, le mois précédent (en décembre 2020), Sandrine avait eu un léger retard de règles. Je dois avouer que durant une courte période j’ai bien cru que nous allions être parents très rapidement. Et j’étais déjà en joie. Mère Nature nous avait fait un rappel à l’ordre dans la foulée.

Jeudi 14 janvier 2021, 07 heures et des poussières

A cette époque, Sandrine venait de prendre un poste d’infirmière dans un laboratoire d’analyses à Saint-Amand-Montrond. Elle s’est donc levée comme d’habitude pour se préparer.

Ayant la chance de travailler à la maison (pour rappel, je suis Rédacteur Web freelance), je ne m’étais pas encore levé. Je n’ai pas de patron qui m’attend tous les matins. Perdu dans les limbes du sommeil, Sandrine revient dans la chambre et revient se coucher contre moi. Elle me demande : « Tu veux que je t’aide à te réveiller ? » Je te passe la réponse grivoise que je lui ai servie.

En guise de réponse, elle me tend un test de grossesse. Que je regarde avec circonspection dans un premier temps. Pour petit à petit réaliser ce qui était en train de se passer. Tu veux connaître ma première réaction ? Je lui ai demandé si c’était vrai. Je suis désolé d’avoir brisé tous tes rêves de romantisme, nourris par trop de productions cinématographiques.

Deux traits qui ont tout changé

Puis je lui ai demandé si ça voulait dire que le test était positif parce que, tu comprends, je ne suis pas un spécialiste des tests de grossesse. Evidemment, elle m’a confirmé cette information. Ce fut une grande joie ! Nous allions avoir un bébé !

Sur le coup, je crois que nos cerveaux ont pris un double uppercut. Un peu groggys par la colossale dose d’ocytocine que venait de nous envoyer Dame Nature.

Un élan d’amour se mêlait aux prémices de ma responsabilité naissante de père. Un tendre chaos émotionnel dans lequel nous étions chahutés l’un contre l’autre.

Les questions d’organisation viendraient un peu plus tard. Un doux rappel à la réalité que tous les parents ne peuvent pas éviter indéfiniment. Ca change quoi l’arrivée d’un bébé ? Est-ce qu’on va être un bon papa et une bonne maman ? Quels sont les achats incontournables pour l’accueillir le plus confortablement possible ? Tu crois qu’on va assurer ? Qu’on va lui donner assez d’amour ?

Une fois pris dans l’oeil du cyclone, nous ne pouvions que suivre le violent courant de la tempête.

Les heures d’après

Cette partie là est beaucoup plus confuse.

J’ai le vague souvenir d’avoir travaillé. J’attendais avec impatience la confirmation de la bonne nouvelle matinale avec la prise de sang réalisée au laboratoire où bossait la future maman.

Lorsque j’ai reçu le message tant désiré, je me suis repris un shoot de bonheur pur. Ca y est, nous avions la confirmation que nous allions être parents !

Sandrine m’a avoué en rentrant le soir qu’elle, non plus, n’avait pas été à ce qu’elle faisait pendant la journée. Enfin, c’est le lot de tous les futurs mamans et papas, non ?

Le début d’une nouvelle vie

L’annonce aux futurs grands-parents

Nous avons eu tous les 2 des attentions particulières pour les mamies. Nous avons hésité un moment à attendre la période fatidique des 3 mois de grossesse confirmée avant d’annoncer à nos proches l’arrivée du petit. Nous étions tellement heureux qu’il nous semblait impossible de le cacher aussi longtemps.

Pour la mère de Sandrine, ce fut un choix opportuniste. Nous avions acheté une petite paire de chaussons trop mignonne pour la naissance du petit. Nous nous sommes faits inviter à manger le dimanche qui suivait chez la future grand-mère (et le futur tonton).

Nous avions préparé un petit paquet cadeau avec ladite paire. Au moment de l’apéro, Sandrine a offert le paquet. Les réactions de bonheur furent immédiates. La question « Non, c’est vrai ? » s’est invitée dans la conversation. Comme quoi, je ne suis pas totalement bizarre.

Pour ma maman, je l’avais prévenu de longue date (environ 20 ans) que le jour où je lui annoncerais que j’allais être papa, je lui offrirais un paquet de café de la marque Grand-Mère (tu sais celle qui sait faire un bon café. Je suis un enfant de la pub des années 80-90).

Lorsqu’elle est venue en février, quelques semaines après que nous ayons appris cette nouvelle détonante, nous lui avions empaqueté soigneusement un paquet du fameux nectar amer. Evidemment, elle a compris immédiatement le message. Au milieu des larmes de joie, elle m’a demandé si c’était vrai. Franchement devenir parents après 35 ans devient un événement surréaliste pour tout le monde !

La période de la grossesse

Une grossesse confortable

Je dois dire qu’en dépit d’un contexte matériel un peu tendu (je te renvoie à l’équation animalière complexe à laquelle nous n’avons toujours pas trouvé de solution définitive), la grossesse de Sandrine a été simple à vivre :

  • Pas de nausée pendant le 1er trimestre
  • Pas d’envie indécente. La future maman avait envie de pâtes, de chocolat et de poivre. C’est facilement trouvable tout au long de l’année
  • Pas de souci majeur de santé (à part 15 jours de baisse de tension à la fin du 1er trimestre)
  • La constitution progressive des indispensables à acheter pour l’arrivée de bébé (punaise ça coûte une blinde quand même ?!) sans inquiétude financière
  • Le bonheur à partager avec nos proches au fil des mois

Les tracas qui ont gâché l’expérience

Mais tout n’a pas été parfait. Nous avons accumulé un certain nombre de contrariétés pendant ces 9 mois qui ont chahuté ma projection dans mon futur rôle de papa :

  • La pandémie de Coronavirus a chamboulé l’accès chez les professionnels de santé. Notamment chez le gynécologue où je n’ai pu assister qu’aux 3 échographies obligatoires (3è, 5è et 8è mois). Je parlerai de cette frustration dans une autre publication
  • Des délais indécents pour obtenir le financement des travaux d’aménagement du grenier pour la réorganisation de la maison en prévision (jai bien dit prévision…) de l’arrivée de Soën. A ce jour, 4 mois après la naissance de notre enfant, la situation n’est pas encore définitivement résolue
  • Une tension récurrente entre papa et maman en devenir puisque nous nous connaissions pas tant que ça / ça faisait beaucoup de changements importants pour nous 2 / une certaine anxiété de fond pour les primo parents qui voulaient que tout soit parfait

Mes souvenirs touchants

Cette première grossesse m’a profondément marqué. C’est un moment bien particulier dans la vie d’un homme qui voit son monde doucement glisser dans un autre univers.

J’ai de merveilleux souvenirs qui resterons à jamais graver dans ma mémoire chancelante. Surtout en cette période où les nuits sont trop courtes et les journées trop longues.

Quel bonheur d’annoncer la grande nouvelle à nos familles respectives ! Découvrir la fierté dans les yeux et la voix de nos parents. Recueillir les anecdotes personnelles et uniques de ceux qui sont déjà passés par là.

Nous avons passé des heures entières à choisir la bonne poussette ou la meilleure chaise haute dans laquelle bébé mangera ses premiers petits pots. Ce sont des instants volés où j’ai déjà pu me glisser dans mon nouveau costume.

Les réseaux sociaux ont de bons côtés. La première publication où nous annoncions la naissance du petit a été l’occasion de pensées adorables et mots gentils. Ca vaut ce que ça vaut mais ça fait du bien à l’égo.

Nos séances photos à la maison pour immortaliser cette période. Pas toujours simple lorsque chaque parent est gêné face à cette nouveauté. Au final, cela a été de grands moments de rigolade.

La grande classe au mariage du frangin

Mon impatience pendant les dernières semaines de grossesse qui faisait éclater de rire Sandrine parce que j’étais intenable. Lorsque nous avions préparé tout le nécessaire pour la maternité, à la moindre contraction (j’en parlerai plus en détails dans le prochain épisode) j’étais sur le pied de guerre, prêt à les emmener dans la minute.

Ma première bouffée profonde de papa lorsque j’ai senti bébé Soën bouger dans le ventre de sa maman au beau milieu de la nuit. Sandrine dormait à poings fermés. Ce fut mon premier moment rien qu’à moi avec mon fils. Son petit corps foetal qui venait se coller contre la paume de ma main. En fermant les yeux, je peux encore ressentir cette émotion si violemment douce.

Enfiler mon costume de super papa

Je ne sais pas si c’est le cas de tous les futurs pères mais apprendre cette nouvelle m’a rendu très fébrile. L’envie était présente depuis très longtemps. Donc aucun doute sur le fait d’assumer pleinement mon rôle. Je voulais (et veux encore plus maintenant que Soën est dans nos vies) être très présent à chaque étape.

Au-delà de cette certitude, je n’avais pas de tuto pour fabriquer mon costume de super papa sur mesure. Et je peux te dire que j’ai tatonné un bon moment. Je tatonne encore d’ailleurs :D.

C’était la plongée dans le grand océan de la paternité inconnue. Elle n’avait pas encore physiquement commencé que je flippais déjà.

Pourtant, des tas de situations ont rendu les choses plus légères.

Lorsque j’ai appris que nous allions avoir un garçon, ma préférence pour une fille était passée au second plan. Un garçon ?! Je ne pouvais pas être plus heureux !

Je n’aurais jamais imaginé prendre autant de plaisir à éplucher les catalogues de puériculture ou me balader dans les boutiques spécialisées. J’ai scotché pendant de longues minutes sur une chaise à bascule en forme d’âne de chez Aubert.

Le changement corporel de Sandrine a été une période fantastique. Voir ses formes s’arrondir. Son ventre qui prenait de plus en plus d’ampleur avec l’apparition des mouvements toujours plus visibles de bébé. Ma prévenance omniprésente à ce qu’elle ne fasse pas n’importe quoi, n’importe quand. Je me dis parfois que ça a dû un peu l’étouffer :D.

Toutes ces petites actions qui rendaient les choses tellement réelles :

  • L’aménagement de chambre du petit avec la pose des rideaux, la disposition de ses meubles et de ses cadres de bébés animaux (faon, renardeau et raton laveur) au mur
  • Le montage de son mobilier
  • L’ouverture de tous les cartons d’emballage des nombreuses emplettes que nous avons faites

A chaque fois, une nouvelle découverte accompagnée de son émotion si douce que je m’y raccroche fermement quand la journée a été difficile.

Cette grossesse a été une expérience si intense, courte et longue à la fois. J’avais hâte de rencontrer mon fils mais il était tellement en sécurité dans le ventre de sa maman.

Lorsque je passais du temps avec des amis dont la femme était enceinte, je n’avais idée de ce qu’ils vivaient. J’étais gouverné par des idées préconçues par des histoires racontées par d’autres.

Ce fut un moment unique pour moi qui me manque parfois. La matérialisation physique de l’amour qui nous unit Sandrine et moi. Un amour qui a grandi sous nos regards attendris et entre nos mains fébriles d’impatience.

Et toi ? Comment tu as vécu la grossesse de ta femme ? Partage tes anecdotes dans les commentaires 😉

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