Et si on parlait bébé ?

Suite à notre première rencontre IRL, il était devenu une évidence que nous avions très envie de nous revoir. Pour apprécier à nouveau la compagnie de l’autre. Pour confirmer les premières impressions particulièrement agréables. Pour commencer à croire qu’une belle et grande histoire d’amour s’épanouissait devant nos yeux éblouis.

Une chose en entraînant une autre

Sentiments VS Organisation

Nos échanges ne s’étaient pas taris. Bien au contraire. Les messages fusaient à longueur de journée en fonction de nos disponibilités. Dès que nous avions un instant, nous prenions connaissance de la dernière réponse envoyée par l’autre.

En pleine période de découverte mutuelle, tous les sujets étaient abordés : ciné, musique, vie avec les animaux, famille, conception du couple, expériences passées. Nous avions de quoi nous occuper.

Il était devenu indispensable que, suite à nos échanges précédents et notre première rencontre à Vigoux, nous nous revoyions le plus rapidement possible. Malheureusement, cela nous était tombé dessus si vite et si fort que nous avions des impondérables que nous ne pouvions pas reporter.

Surtout moi d’ailleurs. La fête des mères approchait à grand pas et il était prévu de longue date que la mienne vienne me rendre visite avec Philippe, mon beau-père. Ils n’avaient pas encore vu la maison que j’avais achetée 9 mois avant. Je me souviens avec tendresse de la timide témérité de Sandrine qui me proposait (plus ou moins sérieusement) de rencontrer mes parents lors de ce weekend familial.

En prenant notre mal en patience et en faisant preuve d’un peu de raison, il fut décidé que Sandrine me rende visite pendant sa semaine de vacances, quelques jours après la venue de ma mère.

Corrélation sentimentale

Je dois t’avouer que je n’étais pas très concentré lors de la visite de ma mère. Nous avons passé un agréable weekend assez frais pour ce mois de juin 2020 : petite balade avec les chiens, restaurant et bonnes rigolades. Ce fut un grand bonheur de profiter de ces premiers instants post premier confinement. Souviens-toi : la pandémie de Coronavirus…

Une fois mes parents partis, les heures ne défilaient pas assez vite. Pourtant, j’avais du pain sur la planche. La maison avait besoin d’un léger rafraîchissement mais l’essentiel était déjà propre vu que j’avais tout mis au cordeau pour la venue de maman. C’est surtout en cuisine que le défi m’attendait. J’ai toujours aimé cuisiner pour les autres. Pour moi, c’est dans les moments de partage qu’un repas bien préparé prend tout son sens. Il était donc important pour moi de recevoir Sandrine avec un bon petit plat préparé maison. Je ne suis pas un grand cuisinier mais je sais accorder certaines saveurs.

Ne me demande pas quel était ce plat. Je ne m’en souviens pas. Le champagne a coulé à flot lors de cette première soirée passée ensemble. Mais je vais vite en besogne. Revenons sur nos pas.

Sandrine est arrivée en fin de journée du mardi 9 juin, armée de son gros sac de voyage. Nous n’avions pas défini la durée du séjour. Nous souhaitions nous laisser porter par la situation.

A la fois émue, impatiente et sur la réserve. Elle m’a avoué par la suite qu’elle avait eu quelques craintes lorsqu’elle avait découvert mon intérieur dans lequel il n’y avait pas grand chose à l’époque. Nous avons remédié au remplissage depuis son installation. Est-il un tueur en série ? Va-t-il m’éliminer et me donner à bouffer à ses loups ?

Au fil des heures, le climat s’est détendu. Très naturellement, ce que nous partagions virtuellement s’est installé dans notre réalité. Une bulle intemporelle où nous pouvions être nous-mêmes. De fil en aiguille, l’alcool détendant l’atmosphère, les échanges et confidences allèrent bon train. Puis vint le premier baiser et le premier câlin.

Si tu voulais te rincer l’oeil, je suis désolé. Je te passe les détails sur notre première nuit. Tout ce que je peux te dire, c’est que nous étions faits pour nous entendre.

Ancrage dans la réalité

Théorie de la relativité

Ne t’enfuis pas. Je ne vais pas partir dans un exposé sur la théorie d’Einstein. Je n’y comprends pas grand chose. Je serais donc très mal placé pour en parler.

Pourtant, j’ai été particulièrement surpris par la vitesse à laquelle les événements se sont succédés avec Sandrine. Une réalité personnelle où le temps et l’espace ne répondaient plus aux normes acceptables de notre société.

Dis-toi simplement qu’en seulement 5 mois, nous étions passés d’une relation naissante à une installation corps et biens dans la maison que j’avais acheté à peine un an avant. Nous avons eu droit à quelques remarques (tout au moins questionnements) de la part de nos proches sur l’évolution rapide de notre histoire. Est-ce que les choses nous échappaient ou nous dépassaient totalement jusqu’à griller littéralement les étapes ?

J’en parlerai dans un prochain épisode mais 7 mois et demi après notre première rencontre physique à Vigoux, Sandrine m’apprenait qu’elle était enceinte. Notre envie de devenir parents, ensemble, était ancrée dès les fondements de notre histoire. Un peu comme dans les contes de fée où les enjeux sont définis peu après l’introduction traditionnelle Il était une fois et se concluent par Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

Sans nous soucier de quoique ce soit d’autres que nous et notre amour, nous avons poursuivi notre chemin. Attention, ça n’a pas été de tout repos et sans heurts. Il y a eu des réajustements, des désaccords et de longues discussions sur le respect de nos désirs mutuels. Cette manière de fonctionner, parfois dans les éclats de voix immédiats, est toujours d’actualité. Notre amour et notre confiance n’en sont que plus forts.

Désir d’enfant

Tu l’auras compris. Tout était réuni pour vivre une histoire de couple où l’arrivée d’un (ou plusieurs) enfants(s) semblait naturelle. Je ne cherche pas à idéaliser ce que nous vivons. Nous avons constaté à plusieurs reprises que nous avons vécu en 18 mois ce que certaines personnes ne vivent pas en 10 ans de couple :

  • Découvrir l’autre et ressentir les premiers émois
  • Se projeter dans un avenir très proche et beaucoup plus lointain
  • Ajuster nos vies professionnelles et personnelles pour jouir pleinement de notre relation de partenaires
  • S’installer ensemble
  • Perdre notre petit Oxmo (adorable bouledogue français frénétique) lors d’un déchirant accident
  • Savoir que nous allions devenir parents
  • Accueillir notre petit Valentin (lapin bélier nain) et le voir s’éteindre quelques mois plus tard sans pouvoir rien faire
  • S’engager dans des travaux d’aménagement et de décoration pour l’arrivée de bébé
  • Avoir une organisation modulable autour de nos 6 poilus
  • Se battre contre toutes les administrations pour nous assurer les meilleures conditions d’accueil

Je peux te dire que nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer. Quelque part, nous étions déjà préparés à ce chamboulement. C’était une évidence pour l’un et l’autre que nous serions une maman et un papa ensemble, alors que nous avions abandonné tout espoir que cela nous arrive un jour.

Tandis que nous cherchions un moyen de nous rencontrer physiquement, en dépit des restrictions de déplacement ordonnées par la situation sanitaire du COVID, nous évoquions avec un grain de folie notre envie de devenir parents et que nous serions transcendés de le vivre main dans la main.

Comme 2 adolescents avec la raison d’adultes d’âge mûr, il était évident que notre désir mutuel d’avoir un bébé s’assouvirerait irrémédiablement. Dès lors que notre couple s’est renforcé, nous n’en parlions pas comme un projet à envisager. Plus comme un événement à venir. Nous sommes passés des Tu imagines si à Quand nous serons parents. Notre entourage l’a senti immédiatement. Il nous a fait part de leurs fébriles inquiétudes qui ont été balayés par la force de notre conviction et notre amour.

Les bases étaient posées

Cette conviction et ce désir partagés ont été alimentés par une harmonie profonde sur la façon dont nous envisagions de vivre les événements. Nous voulions tous les 2 apporter le plus d’amour possible à notre enfant. Les notions de maternage, d’allaitement ou encore d’accompagnement émotionnel de bébé occupaient nos esprits.

Nous étions en phase sur à peu près tout. Et c’est toujours le cas depuis l’arrivée de Soën. Evidemment, certaines situations nous dépassent et mettent à mal notre patience et notre confiance dans nos capacités parentales. Elles ne sont en rien un frein. Elles nous permettent de continuer de grandir dans nos rôles de maman et papa. En dépit de certaines dissonances ponctuelles, c’est une mélodie douce qui anime notre vie. Comme une bande son de film composée avec soin, qui sait se faire discrète tout en étant toujours présente et entêtante.

Cette expérience de rêve éveillé partagé est la meilleure chose qui pouvait m’arriver pour profiter sans méfiance ni crainte de ma vie de père.

 

 

<Episode 1 Episode 3>

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